Une des manières de fonctionner en thérapie et de créer du changement chez une personne, c’est d’aider ce qui est inconscient à devenir conscient. Le fait de prendre conscience d’un fonctionnement interne aide à pouvoir le modifier, le remplacer par un fonctionnement plus adapté, un choix plus libre.

Cet article a pour but d’aider toute personne qui souhaite arrêter de fumer à prendre conscience de ses mécanismes et des raisons qui la poussent encore à fumer contre sa volonté. Cet article sera également utile à tout professionnel travaillant dans le domaine de l’arrêt du tabac, et c’est un bon prélude à ma formation sur l’arrêt du tabac.

En effet, pour une personne qui pense à arrêter de fumer, il est parfois difficile de faire la part des choses entre le côté « j’ai envie d’arrêter de fumer » et « je n’ai pas envie d’arrêter de fumer« . J’ai l’impression que pour beaucoup de fumeurs, l’envie de continuer à fumer est une résistance au travail qu’ils auraient à fournir pour arrêter.

Ils en ont envie, mais cela leur semble insurmontable.

Il est parfois plus confortable de se convaincre soi-même que l’on a envie de continuer à fumer, plutôt que d’admettre qu’on aimerait quitter la cigarette, mais sans savoir comment s’y prendre.

Rien ne sert, alors, à se demander si c’est le conscient ou l’inconscient qui gère cela. Ce qu’il faut, c’est apprendre à se connaitre, et accepter ses prétendues faiblesses.

Dans un premier temps.

Afin de mieux travailler dessus ensuite.

Ces raisons sont inconscientes

La plupart des fumeurs sont complètement ignorants des raisons pour lesquelles ils fument. Consciemment, du moins. Car l’inconscient, lui, fonctionne sur la base de ces raisons qui maintiennent le comportement de fumer.

En effet, si vous lisez ce blog, vous savez que la cigarette est une dépendance psychologique, et non physique (Dépendance à la nicotine : on vous ment !). Toutefois, la prétendue dépendance physique est une bonne excuse pour ne pas avoir à faire face à ses fonctionnements internes.

Car soyons clairs, si vous fumez, et si vous avez envie d’arrêter de fumer, c’est-à-dire, de reprendre le contrôle de votre vie, vous en êtes responsables.

En effet, rejeter la responsabilité sur la société, l’industrie du tabac, la nicotine, la dureté de la vie, votre entourage, etc… ne vous aidera en rien à arrêter de fumer.

Si vous voulez en finir avec la cigarette, c’est en vous-même qu’il faut regarder. C’est vous, et vous seul, qui détenez les clé de votre réussite.

Bien entendu, pour réussir n’importe quel but un tant soit peu complexe, il est bon d’utiliser une méthode.

Dans cet article, discutons des raisons qui vous poussent à fumer. Les découvrir, en prendre conscience, vous aide à prendre du recul avec la cigarette, à reprendre du contrôle sur votre dépendance.

Les raisons qui vous poussent à fumer

Quelles sont les raisons qui vous font fumer ?

A mon avis, il y a deux grandes catégories de raisons qui vous poussent à continuer à fumer malgré vous.

Tout d’abord, il y a l’habitude. Cela correspond à la dépendance dite comportementale.

Ensuite, il y a les « bénéfices secondaires » de la cigarette. On parle ici de dépendance psychologique.

Voir à ce sujet mon article sur les trois types de dépendance.

La force de l’habitude

La première des raisons qui vous font continuer à fumer est simplement la force de l’habitude.

Les habitudes sont un moteur puissant de notre fonctionnement. Non seulement, nous aimons bien avoir des routines, des habitudes, mais notre cerveau est câblé pour cela.

Un changement demande de l’énergie. Une habitude est donc un moyen d’économiser de l’énergie : vous n’avez pas de question à vous poser. Vous savez que tous les matins, à 7h, vous vous levez, faites votre café, puis le buvez en fumant une cigarette, par exemple.

Combattre ses habitudes demande de l’énergie. Suffisamment, en tous cas, pour aller contre le sens du courant, jusqu’à ce que celui ralentisse, s’efface, puis s’inverse.

Les psychologues considèrent généralement qu’il faut environ 20 jours pour installer une habitude.

Cela veut dire que si vous répétez la même chose tous les jours pendant trois semaines, cela devient une habitude. Vous avez besoin de peu d’efforts pour maintenir le comportement.

De la même manière, il faut environ trois semaines à ne plus faire quelque chose pour que nous en perdions l’habitude.

La dépendance comportementale disparait, le réflexe est éteint.

Ceci n’est qu’une indication, certaines habitudes mettant plus ou moins de temps à se mettre en place selon la fréquence, et selon l’attachement que nous y mettons.

Les habitudes de fumer

En arrêtant de fumer, vous vous engager à combattre toutes ces habitudes de fumer que vous avez prises. En particulier :

  • Fumer en prenant votre petit déjeuner ou votre café
  • Fumer dans la voiture ou les transports, ou en attendant votre train
  • Fumer en travaillant
  • Fumer en prenant une pause
  • Fumer dans les moments de transition entre chaque activité
  • Fumer quand vous sortez dehors
  • Fumer avant ou après les repas
  • Fumer à horaires plus ou moins réguliers
  • Fumer en rentrant chez vous
  • Fumer avec certaines personnes spécifiques (collègues, conjoint, amis, etc…)
  • Fumer dans des contextes spécifiques
  • Fumer en buvant
  • Fumer en faisant la fête
  • Fumer après l’amour
  • Fumer lorsque vous êtes seul
  • Fumer en lisant, en regardant la télévision, en écoutant de la musique, etc..
  • Etc…

Cela fait beaucoup d’habitudes !

Réfléchissez à cela. La cigarette s’incruste dans tellement de moments de votre vie.

Disons que fumer une cigarette représente environ 10 fois le geste de la porter à votre bouche. Si vous fumez 20 cigarettes par jour, cela fait 200 fois le même geste !

Quel autre geste répétez-vous autant de fois, quotidiennement ?

Ainsi, la force de l’habitude est juste cela : un geste que vous avez répété pendant des années, des centaines de fois par jour. Dès lors, c’est compréhensible que votre cerveau comprenne mal que vous supprimiez cela du jour au lendemain !

Heureusement, il y a deux solutions très simples à ce problème :

  • Attendre 3 semaines : cette habitude comportementale se défait d’elle-même après quelques semaines. C’est une manière simple de changer : persister jusqu’à ce que le changement soit devenu naturel, c’est-à-dire jusqu’à ce que vous soyez habitué à cela. Tout simplement !
  • Utiliser une technique de déconditionnement comportemental : c’est-à-dire une technique qui a pour effet d’annuler un conditionnement, une habitude, rapidement et avec efficacité.
    L’hypnose, bien sûr, est une technique particulièrement efficace dans ce domaine. Certaines techniques d’hypnose tirent particulièrement parti des théories comportementales du conditionnement. C’est la technique la plus efficace que je connaisse (si vous en connaissez une autre, je veux bien en entendre parler).

Ainsi, l’habitude de fumer est vraiment une force à prendre en compte. Si vous avez des difficultés, elles peuvent venir tout simplement de là. Alors pas de panique, vous savez qu’il faut quelques jours d’efforts pour en venir à bout.

C’est ici que la fameuse volonté joue un rôle de premier plan.

Néanmoins, bien que quasiment tout le monde ait ce problème (avec des capacités diverses à y faire face), ce n’est pas le plus gros problème. Il s’agit de la dépendance psychologique, et là, la volonté n’est pas le meilleur outil.

Petite psychologie du fumeur

Comme je l’ai déjà dit, la principale catégorie de raisons qui vous poussent à fumer sont psychologiques.

Pourquoi fumez-vous ? Parce que votre cerveau/inconscient pense y trouver des bénéfices secondaires.

Qu’est-ce qu’une bénéfice secondaire ?

Un bénéfice secondaire est un bénéfice positif indirect apporté par un comportement à priori négatif.

Ce terme, hérité de la psychanalyse, a un équivalent dans le monde de la thérapie brève : l’intention positive.

Selon cette vision des choses, tout comportement a (ou a eue) une intention positive. C’est-à-dire que tout comportement résulte d’une stratégie de recherche de solution positive. Tout comportement a donc une utilité, directe ou indirecte.

Exemple : la peur peut être un moyen de chercher la sécurité physique ou émotionnelle, en évitant de s’exposer à un danger potentiel (réel ou imaginé). La colère peut être un moyen de se faire entendre, une façon de faire prendre son avis en compte par d’autres.

Un symptôme physique peut être un moyen de signaler qu’il y a un problème quelque part. Qui n’a jamais été « obligé » de prendre du repos à cause d’un lumbago ou d’un rhume carabiné ? Cette sensation correspond au fait de comprendre intuitivement que notre corps nous dit : « reposes-toi ».

A l’extrême, une tendance suicidaire peut avoir pour intention positive « d’être en paix ».

Tout système auto-organisé, comme les systèmes vivants, recherchent à s’adapter. Un comportement nouveau est donc une recherche d’équilibre, d’adaptation à une nouvelle contrainte (interne ou externe).

Le principe d’intention positive est particulièrement utile lorsqu’une personne souffre d’un conflit intérieur.

La partie de vous qui vous fait fumer

Un conflit intérieur peut prendre l’apparence métaphorique de deux ou plusieurs « parties » de nous qui se combattent, et veulent des choses différentes.

Il y a, par exemple, la partie qui désire arrêter de fumer, et la partie qui désire continuer à fumer. L’ange et le diable.

On pourrait avoir le réflexe de s’identifier à une partie de nous plutôt qu’une autre.

Certains fumeurs ont par exemple tendance à parler du « petit diable intérieur » ou de la « petite voix » qui les pousse à reprendre une cigarette, alors même qu’ils ont décidé d’arrêter.

La réaction la plus immédiate est de repousser cette petite voix, avec une des émotions suivantes : rejet, honte, culpabilité, colère, etc…

Malheureusement aucune de ces émotions n’est utile pour arrêter de fumer. Sauf si vous la transformez en détermination à réussir.

Toutefois, il y a une stratégie pour s’en sortir : celle de reconnaitre que cette « petite voix » est une partie de vous comme une autre, qui recherche une intention positive. Cette partie de vous s’est donné une mission importante et utile, et son seul ou principal moyen de la réaliser… c’est de fumer.

Vous n’êtes pas votre comportement

Il me parait assez humaniste de considérer qu’une personne n’est pas son comportement. La manière que nous avons de nous comporter n’est que le reflet des habitudes et des stratégies qui nous avons trouvé pour nous adapter à des contraintes particulières.

Mais un comportement peut changer.

ange et démon

Quelle voix allez-vous écouter ?

L’hypnose et les autres techniques de changement personnel ont pour but d’aider la personne à accéder à d’autres capacités, lui permettant d’adopter de nouveaux comportements, plus positifs et sains, en accord avec ses vrais valeurs.

Ainsi, si le « petit diable intérieur » vous fait fumer, il est utile de comprendre qu’il recherche un bénéfice secondaire : il a une intention positive. L’intention et le comportement qui a été trouvé comme solution sont deux choses différentes.

Un moyen écologique, c’est-à-dire respectueux de la personne, d’aider quelqu’un à changer, c’est de l’aider à trouver ce nouvelles façons d’obtenir son bénéfice secondaire.

C’est-à-dire, soit de nouvelles façons de remplir un besoin, soit la disparition de ce besoin.

Lorsque la « petite voix » se rend compte qu’elle a d’autres moyens positifs de remplir son intention positive, plutôt que de fumer, elle est alors d’accord pour arrêter de fumer.

En bref, toute résistance au changement a une raison d’être.

Quelques exemples de bénéfices secondaires au fait de fumer

La réponse à la question « pourquoi fumez-vous » est personnelle, et sans doute unique.

Néanmoins, en travaillant avec des centaines de personnes cherchant à arrêter de fumer, j’ai constaté que certaines choses reviennent régulièrement. Voici quelques exemples de bénéfices secondaires au fait de fumer :

Par identification et valeurs

Une des raisons qui vous pousse peut-être à continuer à fumer, c’est par identification. L’identification est une tendance à définir son identité en fonction de certains paramètres « introjectés ». C’est-à-dire internalisés, suite à une apprentissage.

La plupart des gens commencent à fumer pour s’identifier à un groupe, à des figures-modèles, ou même à une culture, des valeurs. Combien de personnes ont commencé à fumer pour ressembler à leurs amis, à leurs aînés, ou à un certain idéal ?

Liberté, prise de responsabilité, autonomisation, devenir adulte, être rebelle, etc… sont des valeurs qui peuvent nous pousser à commencer à fumer : les autres le font, ce doit donc être un moyen viable de réaliser cela. C’est malheureusement le piège du marketing de l’industrie du tabac, et du mimétisme social.

Le problème, c’est quand vous fumez pendant si longtemps que vous avez l’impression que la cigarette fait partie de vous. Que sans tabac, vous ne vous reconnaitriez plus vous-même.

Ou quand le fait de fumer est associé à certaines valeurs importantes. Comme l’intégration familiale (« ma famille fume ») ou au contraire à la différenciation (« je fume pour ne pas faire comme les autres »).

En arrêtant de fumer, on a alors l’impression de se perdre, de ne pas respecter certaines valeurs, ou simplement de ne plus savoir qui nous sommes.

Il y a bien entendu des moyens de travailler cela. C’est en particulier pour cela que je mets de l’emphase dans ma méthode sur les raisons qui vous poussent à arrêter de fumer (les valeurs) et sur la notion d’être non-fumeur ou non-fumeuse.

En effet, arrêter de fumer définitivement… cela signifie devenir non-fumeur(se). Cette notion doit être intégrée à votre identité, à qui vous voulez être, pour être durable.

Eh oui, en hypnothérapie, on évite les changements de surface !

Pour gérer son stress ou ses émotions

Beaucoup de personnes vivant une dépendance cherchent en réalité à gérer leur stress et/ou leurs émotions. Fumer devient alors un moyen de fuir une émotion négative, de se détendre, de prendre un moment pour soi, pour souffler, etc…

De nombreux fumeurs me disent qu’ils ont l’impression que fumer les détend. Bien entendu, ce mécanisme ne repose pas sur la cigarette, car la cigarette est un excitant. Seulement, le processus mental et corporel par lequel ils passent pour se détendre inclut la cigarette.

Enlevez la cigarette, et ces personnes ne savent plus gérer leur stress ! L’intention positive est claire, ici. Il convient donc d’apprendre d’autres moyens d’évacuer le stress.

Le mot « stress », cependant, est une façon un peu galvaudée et inexacte de désigner de nombreuses émotions différentes : anxiété, colère, peur, etc…

La théorie générale des addictions en psychopathologie désigne l’addiction comme un moyen de compenser une anxiété sous-jacente.

C’est le cas pour une partie des fumeurs. C’est pourquoi certains ressentent des émotions très fortes en arrêtant de fumer : déprime, angoisse, sensation de mourir, etc…

C’est comme enlever une béquille à quelqu’un qui n’est pas stable : il tombe. Alors plutôt que d’enlever la béquille, il convient de lui réapprendre à marcher droit. Après, le besoin de béquille disparait de lui-même.

Si certains fumeurs ont l’impression que fumer remplit un vide, que c’est leur seule bulle d’oxygène, ou que la cigarette est une amie, alors des techniques de gestion des émotions sont requises pour apprendre à trouver de nouvelles façons de se sentir bien, sans tabac.

Le truc, c’est que le cerveau fonctionne souvent par associations non-logiques.

Quand vous avez commencé à fumer, le contexte vous entourant était certainement positif : être avec ses amis, faire la fête, se sentir libre et indépendant, …

Une cliente que j’ai eu avait inconsciemment associé la cigarette au fait de sortir en récréation au lycée, association qui s’est poursuivie au travail, à la maison : une sensation de liberté et de légèreté. Le simple fait d’en prendre conscience désactive le mécanisme, et on réapprend à ressentir la même chose sans cigarette.

Le cerveau / l’inconscient apprend à associer les choses. Si vous vivez plusieurs fois un contexte positif, apportant un état intérieur positif (bien-être, rire, détente, liberté, …), et qu’à chaque fois la cigarette est présente, votre cerveau crée un lien.

Ainsi, lorsque vous ne vous sentez pas au mieux, et que vous souhaitez retrouver ce type d’état de bien-être, votre cerveau pense automatiquement à la cigarette, qui a été associée des dizaines, des centaines de fois, à la détente.

C’est typiquement une stratégie qui se renforce avec le temps, lorsque vous fumez 5, 10, 20 ans ou plus.

Je ne compte plus le nombre de personnes m’ayant dit : « vous comprenez, la cigarette est toujours là, dans les bons et les mauvais moments ».

C’est logique : dans les bons moments, par association, et dans les mauvais, comme stratégie pour se sentir bien.

Cette association n’est pas logique : la cigarette ne permet pas vraiment de se sentir bien. Elle est un palliatif. Un placebo, un gris-gris, diront certains. Mais ça marche quand même.

Un travail en hypnose permet à votre inconscient de réaliser que ce processus existe déjà en vous : c’est vous qui le faites, et non la cigarette. Ainsi, il peut y avoir une restructuration positive de cette stratégie : il y a d’autres façons positives et saines de gérer chaque moment de sa vie, plutôt que que fumer.

Bien entendu, le savoir consciemment, c’est une chose. Mais aider l’inconscient à faire ce travail de réorganisation, cela demande de la technique. Il y a plusieurs façons de le faire, l’hypnose étant pour cela très efficace.

Par peur

La peur est le versant émotionnel des deux catégories d’avant, et souvent une bonne manière de se rendre compte des raisons qui nous poussent à continuer à fumer.

Si vous ressentez de la peur à l’idée d’arrêter de fumer, c’est bien. Cela vous met sur la piste de l’intention positive que votre inconscient recherche en fumant.

pourquoi fumez-vous

Pourquoi fumez-vous (encore) ?

Je place la peur dans une catégorie un peu à part, parce qu’il y a des peurs qui ne sont pas fondés, pas rationnelles ni justifiées, et qui sont pourtant actives.

En effet, certaines intentions positives ont été présentes à certains moments de notre vie, mais disparaissent aussi. Quand vous avez commencé à fumer, il y avait des intentions positives, mais depuis, elles ont peut-être disparues.

Le fait de fumer est alors maintenue par l’habitude et la peur. La peur de l’inconnu, la peur de ne pas savoir gérer, la peur du manque, la peur de prendre du poids, etc…

Autant de freins qui sont pourtant infondés.

S’il le fait de fumer ne respecte plus aucune intention positive, n’apporte plus aucun bénéfice secondaire, il reste néanmoins la peur.

Les personnes dans cette configuration ont de la difficulté à arrêter de fumer, mais plus de facilité à maintenir l’abstinence dans le temps.

Au contraires, les personnes qui n’ont pas peur, et savent arrêter de fumer quand elles veulent, mais continuent à fumer irrégulièrement peuvent être tout aussi dépendantes. Il y a une intention positive à l’œuvre.

Ce qui vous empêche d’arrêter de fumer

Voici une petite liste d’intentions positives qui bloquent certaines personnes dans le comportement de fumer. Cette liste n’est pas exhaustive, ni universelle. Certaines de ces raisons de continuer à fumer vous parlent-elles ?

 

  • Évacuer le stress
    Le stress est la raison principale évoquée par de nombreux fumeurs. Gérer le stress serait impossible sans cigarette ! Et pourtant, matériellement, la cigarette étant un excitant, ce n’est pas elle qui fait que le stress part lorsqu’un fumeur fume.
  • Combler un sentiment de vide ou de solitude
    En sondant un peu plus précisément ce qui se cache derrière le mot « stress », il en ressort que pour beaucoup de gens, la cigarette est un moyen de combler un vide ou une solitude. Fumer devient une sorte de connexion mentale à des affects, des sentiments, et le fait de fumer fait disparaitre (temporairement) ces sentiments.
  • Gérer une anxiété, une angoisse
    L’anxiété et l’angoisse sont deux phénomènes très courants dans les addictions. Le mécanisme de la dépendance est en fait celui d’une protection vis-à-vis de cette anxiété, un moyen de la relâcher.
  • Contrôler de la colère
    Ceci valable pour les personnes ayant un tempérament colérique, et qui, plutôt que l’exprimer violemment auprès des autres, utilisent la cigarette pour se distraire et se calmer.
    Exemple : un homme est venu me voir en me disant que le moment le plus difficile pour lui dans l’arrêt de la cigarette, c’est en voiture, dans les embouteillages, ou lors de réunions interminables. Ces deux situations provoquaient chez lui une sorte de colère sourde qu’il n’arrivait à chasser qu’en fumant. Nous avons donc travailler à évacuer la colère et atteindre un état de calme dans ces moments-là.
  • Se détendre
    Pour résumer les raisons ci-dessus, on constate que de nombreux fumeurs ont associé le fait de fumer au fait de se détendre : après le travail, à la fin d’un repas, après une réunion, en vacances, etc…
  • Prendre du plaisir
    Comme pour la détente, il y a une association au plaisir. Bien entendu, la plupart des gens qui viennent me voir pour arrêter de fumer ne prennent déjà plus de plaisir avec la majorité des cigarettes qu’ils fument. Cependant, s’il y a encore cette association, cela peut être un frein au changement.
    Souvent, il ne s’agit que d’une association non-logique, car ces personnes fument dans un moment qui est déjà un moment de plaisir. Après une séance d’hypnose, ces personnes sont souvent dégoûtées de la cigarette.
  • Prendre le contrôle d’une situation
    Il arrive que fumer soit associé au fait de prendre le contrôle d’une situation. Cette situation est gênante, désagréable, voire anxiogène, et on préfère trouver un moyen indirect d’en sortir.
    Exemple : Une femme me disait fumer parce que cela lui donnait l’impression de contrôler une conversation, de pouvoir prendre le temps de porter la cigarette à sa bouche pour réfléchir, de donner son propre tempo à la discussion.
    C’est étrange, mais certaines personnes, ne sachant que faire de leurs mains, ont ce réflexe de prendre quelque chose, de bouger. Il leur faut de l’action. On peut trouver autre chose que la cigarette pour cela.
  • Pouvoir aborder des inconnus ou séduire
    Demander du feu à un(e) inconnu(e) est une façon d’engager une conversation, ou un prétexte pour draguer. Ou, fumer donne l’impression d’être « dans le même camp », de partager certaines choses (culture, valeur, mode de vie, …).
    La peur de ne plus pouvoir engager une conversation sans cigarette est une peur comme les autres. Elle est irrationnelle, et il faut la prendre en compte. Heureusement, l’être humain n’a pas attendu l’invention de la cigarette pour pouvoir aborder l’autre. De plus, vous êtes déjà capable d’aborder un non-fumeur, n’est-ce pas ? Bien entendu, il convient si besoin est de travailler à développer des capacités à ce niveau (sous hypnose, ou par l’expérience).

 

femme fumant une cigarette avec élégance

Vous croyez que fumer vous rend élégant, séduisant ou sexy ? Rien n’est moins vrai

 

  • Par impression qu’un repas (ou autre moment) serait « incomplet » sans cigarette
    Je me demande encore si cela vient seulement de l’habitude, ou si c’est parce que les cigarettes contiennent du sucre. Cet aspect gustatif ne manque aucunement à un non-fumeur.
  • Par impression que la cigarette aide à digérer
    Vous en avez peut-être déjà entendu parler : certaines personnes pensent que fumer est nécessaire pour leur transit. Il est vrai que la nicotine provoque des contractions intestinales. Votre corps se sent empoisonné, et réagit comme il peut pour évacuer les toxines !
    Si c’est une raison pour vous de continuer à fumer, alors c’est vraiment dommage, car il existe des solutions à ce problème (à moins que ce ne soit qu’une excuse).
  • Par peur d’être nerveux ou irrité
    Il s’agit ici de la peur d’être trop irritant pour l’entourage. C’est en effet ce qui risque de se produire pour les personnes utilisant des méthodes non-psychologiques d’arrêter de fumer (patchs en tête). Ceci ne se produit pas pour les personnes sachant (ou apprenant à) se relaxer.
  • Par besoin de respirer
    C’est un paradoxe, mais selon moi, de nombreux fumeurs fument pour… respirer, souffler, prendre une grande inspiration, et pouvoir se relâcher. La fameuse cigarette-pause, où l’on sort dehors pour « prendre l’air ». C’est la raison pour laquelle je préconise des exercices de respiration, vraiment importants pour les fumeurs souhaitant arrêter de fumer.
  • Pour combler un ennui
    Fumer car on n’a rien d’autre à faire… est réellement un mécanisme actif chez beaucoup de fumeurs. Les moments d’ennui, d’attente, de désœuvrement, et la nuit, sont particulièrement une source d’envie de fumer pour ne pas s’ennuyer.
  • Par distraction
    On peut avoir envie de fumer comme simple moyen de se distraire, de changer régulièrement d’activité.
    Exemple : un entrepreneur travaillant à domicile sur son ordinateur me disait qu’il avait besoin de la cigarette pour faire des coupures dans son travail, sinon il se sentait en surchage.
  • Par impression que la cigarette aide à se concentrer ou réfléchir
    Il s’agit d’une illusion, certainement apportée par l’oxygénation du cerveau, et/ou par le fait de changer d’endroit pour fumer (sortir dehors). Un fumeur a besoin de réapprendre à créer cet état favorable à la réflexion sans cigarettes.
  • Pour trouver un moment de solitude
    On peut fumer pour ne plus se sentir seul, ou… pour se sentir seul ! La cigarette peut être « mon moment à moi ». J’ai souvent rencontré cet aspect chez des parents de jeunes enfants, ou chez des personnes dont l’entourage est non-fumeur. Il y a souvent un conflit entre « j’ai besoin d’être seul / de m’occuper de moi » et « je veux être avec les autres / m’occuper des autres ».
  • Pour se donner du courage ou de l’assurance
    Plusieurs personnes m’ont confié que fumer leur permettait de prendre de l’assurance, avant un rendez-vous ou une réunion par exemple. Ou même du courage.
    Bien entendu, il s’agit encore une fois d’un mécanisme mental, dont la cigarette n’est que le prétexte, ou un élément superflu.
  • En utilisant la cigarette comme coupe-faim
    La cigarette accélère non seulement le transit, mais peut également avoir un effet coupe-faim. C’est normal : votre corps est intoxiqué, et refuse d’ingérer quoi que ce soit de plus.
  • Comme une récompense
    De nombreux fumeurs utilisent la cigarette comme une récompense, qui vient marquer la fin d’un travail difficile, ou d’une journée. Ils « s’octroient » le droit de fumer sans aucune culpabilité.
  • Comme moyen de se saboter ou se punir
    Au contraire, certains fument comme pour se punir. Je considère cependant qu’il y a une confusion : ils veulent se punir parce qu’ils fument encore, et ne fument pas pour se punir. Seulement, l’association répétée de la culpabilité et de la cigarette crée cette illusion.
  • Par manque de confiance ou d’estime de soi
    Certains fumeurs ne tentent même pas d’arrêter de fumer par manque de confiance ou d’estime de soi. Ils ne considèrent pas qu’ils le méritent, ou ne croient pas qu’ils en sont capables.
    Ce genre de sentiment négatif envers soi-même est contre-productif, mais c’est assez humain de les ressentir lorsque l’on estime que l’on devrait « pouvoir réussir » et que l’on se sent en fait bloqué.
    Si c’est votre cas, il faut bien savoir qu’arrêter de fumer n’est pas qu’une question de volonté, mais aussi de méthode.
  • Pour faire plaisir à l’entourage
    Une cause majeure de rechute est le fait d’accepter une cigarette que l’on vous offre. Il n’est pas rare que l’entourage se montre insistant :
    « Tu es trop ennuyeux, reprends une cigarette ! »
    « Tu es trop nerveux, reprends une cigarette ! »
    « Je ne crois pas en toi, reprends une cigarette ! »
    « Que tu arrêtes de fumer me rends mal à l’aise, reprends une cigarette ! »
    Ces idées sont souvent communiquées de manière inconsciente, subtile. Mais nous y réagissons néanmoins. Certains fumeurs anticipent ces messages de l’entourage, et n’essayent pas d’arrêter de fumer pour ne pas « déranger » leur entourage.
    (Note : c’est néanmoins rarement une raison suffisante pour ne pas arrêter de fumer)
  • Par loyauté
    Dans la même idée, certains continuent à fumer par loyauté envers leurs amis ou leur famille, leur entourage fumeur.
    Exemple : une personne qui avait arrêté de fumer avec l’hypnose me disait qu’elle ne fumait qu’une cigarette sur dix par rapport à avant, mais à chaque fois en présence d’une amie, grosse fumeuse. Nous nous sommes rendus compte que cette amie était très embarrassée que son ami arrête de fumer, car cela la renvoyait à son propre échec de ne pas arriver à arrêter de fumer. Ainsi, elle se débrouillait pour que cette personne se sente elle-même embarrassée, fumait beaucoup devant elle, et lui proposait beaucoup de fumer.
    Il nous a alors fallu désactiver la loyauté inconsciente envers cette personne, et la transférer sur autre chose que la cigarette.
    Lorsque vous arrêtez de fumer, vos amis n’en seront peut-être pas content, et risquent de résister à votre arrêt. Ils essayeront de vous faire refumer. Bien entendu, c’est très inconscient, involontaire. Mais vos amis resteront vos amis si vous arrêter de fumer. Vous ne devriez pas prendre la responsabilité de leur malaise.
  • Comme moyen psychologique de maintenir un lien avec un élément du passé, ou une personne
    Il arrive qu’une personne commence à fumer au décès d’un proche (souvent un parent) ou à la fin d’une situation particulière. Alors par nostalgie ou par recherche d’un lien, ils fument.
    Exemple : cette femme avait commencé à fumer à 27 ans, à la mort de son père, lui-même gros fumeur. Le travail a alors été celui d’un deuil.
  • En réaction à un traumatisme (rejet, abandon, …)
    Ceci ne concerne qu’une minorité de fumeurs, mais un traumatisme peut être à l’origine d’une dépendance.
  • Comme excuse pour un autre problème
    Lorsqu’on ne veut pas faire face à un autre problème personnel, à un autre domaine dans lequel nous pensons que nous devrions évoluer, nous prenons un autre problème et nous en faisons un écran de fumée. Fumer prend beaucoup de temps, et cela peut masquer un vide intérieur plus grand.
  • Par peur de la réussite
    Certaines personnes nourrissent des craintes spécifiquement envers le fait de réussir quelque chose. Ce peut être par loyauté (voir plus haut) ou pour une autre raison.
  • Par peur de l’échec
    Certaines personnes ont tellement peur de l’échec… qu’ils échouent très vite. Ils sont très focalisés sur l’échec, et c’est un mécanisme de pensée contre-productif (il vaut mieux se concentrer sur la réussite, sans se mettre trop de pression non plus).
    Exemple : une femme avait tellement peur de l’échec qu’elle n’arrivait pas à arrêter de fumer plus d’une journée. Elle reprenait la cigarette d’elle-même, pas par manque, mais par peur de l’échec. Elle préférait provoquer elle-même l’échec tout de suite, plutôt que d’angoisser à compter les jours.
  • Par conflit de valeurs
    J’en ai parlé plus haut, et en reparlerai sûrement. Un conflit de valeurs est une situation bloquée entre deux comportements opposés qui permettent d’honorer des valeurs.
    Qu’arrive-t-il à une personne voulant se sentir libre de fumer quand elle veut, et voulant arrêter de fumer pour être libre ?
    Un conflit de valeurs peut provoquer un va-et-vient constant entre une solution et l’autre, créant beaucoup de frustration. La première chose à faire, c’est de prendre conscience des valeurs en conflit.

Ouf ! Voici une longue liste.

Cette liste n’est pas complète, et de nombreux éléments ne parleront pas à tout le monde.

J’espère ne pas vous faire peur avec cette liste, si vous êtes fumeur ou fumeuse. Il est possible que des prises de conscience se fasse, ou que certaines émotions fassent surface.

Rassurez-vous, il existe des solutions dans chaque cas.

Un professionnel compétent doit pouvoir vous aider à faire la lumière que les raisons qui vous poussent à fumer. Alors pourquoi fumez-vous ? Il me semble que cette question n’est pas très simple. Néanmoins, il y a un schéma récurrent dans quasiment toutes ces raisons de fumer…

Comment utiliser cela pour arrêter de fumer ?

Que doit-on en conclure ?

A la vue de la liste, il est notable que la majorité des éléments appartiennent au domaine des émotions.

Qu’il s’agisse du simple stress, en passant par différentes formes d’anxiété, interne ou causée par l’entourage, jusqu’à des peurs profondes, ce sont les émotions qui causent souvent des résistances au changement.

Y compris, et même surtout, si elles sont inconscientes.

Ainsi, une bonne méthode pour arrêter de fumer doit aider le fumeur à apprendre à gérer ses émotions sans cigarette.

C’est le cas de l’hypnose thérapeutique correctement utilisée. Et c’est aussi le cas des techniques complémentaires que j’utilise, comme l’EFT et la cohérence cardiaque.

 

Pourquoi n’arrêtez-vous pas de fumer ?

Alors, pourquoi fumez-vous ? Et pourquoi n’arrêtez-vous pas de fumer ?

La raison principale, c’est la peur.

La peur, associée à un manque de méthode.

En effet, pour arrêter de fumer avec succès, il vous faut affronter cette peur, la dépasser, pour vous rendre compte que finalement, ce n’est pas si difficile que ça d’arrêter de fumer.

En réalité, arrêter de fumer est véritablement libérateur et agréable ! Il s’agit de reprendre le contrôle de votre vie, vous débarrasser d’une mauvaise habitude qui vous a peut-être poursuivi depuis des années ou des décennies. Il ne s’agit pas seulement d’économiser votre argent et de protéger votre santé, mais aussi d’augmenter votre estime et votre confiance en vous-même.

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N’est-ce pas agréable de vous imaginer non-fumeur dans un futur proche ?

Soyez votre propre meilleur ami, et décidez d’arrêter de fumer.

Pensez à toutes les raisons que vous avez d’arrêter la cigarette : ces raisons sont importantes, valables et de valeur. Vous êtes plus important que les raisons qui vous font fumer.

 

Et vous, pourquoi fumez-vous ?


Je vous invite à une webconférence gratuite où je vous enseignerai comment :

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